<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-10885862</id><updated>2011-11-26T19:03:36.534+01:00</updated><title type='text'>Cogito Ego Sum</title><subtitle type='html'>"Mais par Dieu, Eliot, cette photo avait été faite d'après nature !"</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://cogitoegosum.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10885862/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://cogitoegosum.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Hank</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02805159458521668791</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>10</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10885862.post-111567726230913574</id><published>2005-05-10T00:06:00.000+02:00</published><updated>2005-05-10T00:21:02.320+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;De l'inconvénient de parler politique avec un politicien...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Croisé par hasard M. Barnier, ministre des Affaires étrangères et pelliculaires, place de la sorbonne ce lundi neuf mai. Nonobstant l'immense satisfaction personnelle de serrer la main à une personnalité, je suis plutôt déçu. "On ne vend pas des livres comme des bagnoles" assène-t-il, le poing, revendicatif, serré et brandi à la face des puissants. Merci, M. Barnier, de cet admirable plagiat des slogans communico-interne de la FNAC. Merci M. Barnier, qui n'en connait pas davantage les publicités agressives des automobiles Renault, "créateur de voitures", auxquelles je fis allusion en un fulgurant éclair de répartie. Merci M. Barnier. Il faut voter oui pour faire évoluer l'Europe. Merci M. Barnier.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Merci M. Cohn Bendit, pendant qu'on y est, de brandir haut et fort le drapeau européen, flottant dans l'air aseptisé du haut de la Sorbonne. C'est moins glamour que le drapeau maoïste mais ça fait son petit effet. Merci M. Cohn.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Merci Anti, finlandais émérite de Nice People, d'agir si brillamment sur nos consciences coopératives. Merci les uns les autres de fournir boissons alcoolisées, drapeaux en papier, chips, chorizo, tracts et fac-similés. Merci. Je suis convaincu.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Chante la vie, chante le oui (copyright Z-man). Le 29 mai, je saurais quoi glisser dans l'urne.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Mais, pour le moment, pour l'amour de l'Europe, laissez-moi cuver votre vin chilien.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10885862-111567726230913574?l=cogitoegosum.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://cogitoegosum.blogspot.com/feeds/111567726230913574/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10885862&amp;postID=111567726230913574' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10885862/posts/default/111567726230913574'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10885862/posts/default/111567726230913574'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://cogitoegosum.blogspot.com/2005/05/de-linconvnient-de-parler-politique.html' title=''/><author><name>Hank</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02805159458521668791</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10885862.post-111538442192412167</id><published>2005-05-06T14:14:00.000+02:00</published><updated>2005-05-06T15:00:21.990+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;La vieille distinction aristotélicienne entre l'homme et la bête a, ces temps-ci, une sacrée tendance à prendre du plomb dans l'aile, et certaines personnes ne rechignent pas au gros calibre. Le maître-mot en la matière qui, des jardins de l'Académie à la Constitution de la cinquième République, passait pour un fait acquis a viré au néologisme abscons : l'homme est un animal deconstructif. L'évolution a de quoi dérider les plus pessimistes d'entre nous. Nous voterons non au référendum du 29 mai, moins par conscience politique que par réaction chimique - ou naturelle.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Un petit panorama de l'Histoire nous encourage à réviser dans ce sens le vieux postulat : ce qui distingue l'homme de l'animal s'avère bel et bien la fascination de l'éphémère comme préalable à l'accélération conscieuse de l'échéance. En sont témoins les innombrables tentatives masochistes de digestion de fruit défendu (qui, de fait, détruit tout accès à l'Eden et, plus loin encore, efface sa possibilité), de progrès technique (qui ne cesse de tordre le cou successivement à tous les progrès antérieurs), d'élaboration de systèmes utopiques, etc, etc... L'Histoire est une dialectique barbare, vaste succession d'antithèses vindicatives sans synthèse finale, si ce n'est atomique mais nul n'est prophète en son pays.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Il n'y a pas d'animal infra-lunaire qui mette le même soin que l'homme a démonter son écosystème, a limiter de jour en jour plus systématiquement ses potentialités de survie. Darwiniquement, l'homme est un cancre.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Ce genre de réflexions, qui n'ont rien de révolutionnaires évidemment -mais je n'aspire guère à la nouveauté tant il est vrai que c'est dans les vieux pots -, prennent naissance dans mon cerveau fatigué à la suite d'un épuisant week-end charentais qui a vu, sur une échelle réduite, en une sorte de microcosme révélateur, se confirmer les assertions sus-asserties. Sur vingt-et-une personnes au bord d'une piscine, quinze, au moins, qui n'ont pas, est-il besoin de le préciser, l'épiderme sur-résistant du lézard commun, risquent le cancer de la peau pour d'infimes raisons esthétisantes, dix, au moins, encombrent leurs poumons d'imposantes nuées goudronneuses avec une régularité de moteur à explosion, deux, au moins, cassent une porte-fenêtre, vingt, au moins, mettent leur gosier au service intensif de boissons alcoolisées aussi nuisibles à leur foie quà leur conversation...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;La démonstration ne souffre pas de contestation. Au vu de mes artères, j'ose affirmer : Aristote avait tort. Et ce n'est qu'un début. Louis, la prochaine fois que tu organises un week-end de cette qualité, je m'engage à rejeter point par point les arguments cartésiens selon lesquels le bon sens est une qualité universelle. Il n'est pas dit que l'alcoolémie exclue la philosophie.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10885862-111538442192412167?l=cogitoegosum.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://cogitoegosum.blogspot.com/feeds/111538442192412167/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10885862&amp;postID=111538442192412167' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10885862/posts/default/111538442192412167'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10885862/posts/default/111538442192412167'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://cogitoegosum.blogspot.com/2005/05/la-vieille-distinction-aristotlicienne.html' title=''/><author><name>Hank</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02805159458521668791</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10885862.post-111297854649746094</id><published>2005-04-08T18:39:00.000+02:00</published><updated>2005-04-08T18:42:26.500+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Marre des morts inattendues, des nécros pré-mâchées, des mariages reportés ? L’impression qu’on nous tartine les yeux et les oreilles de mélasse pipole sucrée-salée ? Moi je dis : un type qui se marie avec Dieu ou Grace Kelly ne peut être foncièrement mauvais, n’en déplaise au continent africain ou au juge Halphen. Quant à celui qui se tape la vieille Camilla (qui a dit que Boris Karloff n’a pas eu d’héritier ?), vous me permettrez d’observer un silence contrit, vu que je connais un peu la famille et que je compte passer des vacances convenables. Cela devrait suffire à clore le sujet. Des choses bien plus atroces se déroulent en ce moment même aux quatre coins du globe (qui a dit : un globe n’a pas de coins, eh patate ?), des choses abominables, des choses graves, qu’on nous cache.&lt;br /&gt;Je veux parler, bien entendu, de la grogne des lycéens. Enfin, je dis &lt;em&gt;des lycéens&lt;/em&gt; comme je pourrais dire&lt;em&gt; des moyennes maternelles&lt;/em&gt;. Oui, définitivement, je dirais &lt;em&gt;des moyennes maternelles&lt;/em&gt;. Ils ne mettraient pas moins d’énergie à réclamer de la compote de pommes à la cantine. Et Dieu sait si c’est une chose grave, la compote de pommes.&lt;br /&gt;Voilà donc que, tous les jeudis approximativement, ces lycéens (op. cit.) envahissent les alentours de la Sorbonne, entraînant dans leur sillon un déferlement de violences sans précédent, de cascades d’injures, de revendications au mégaphone. On croyait la culture de la contestation agonisante, la place de la Nation désertée par les hordes des sans-culottes, que nenni ! Que craignait-on ? La relève est assurée.&lt;br /&gt;Ah, le fier esprit français, la haine de l’ordre moral ! Qu’on nous enlève nos boulots, qu’on nous réduise nos congés, qu’on nous saigne aux quatre vents, qu’on nous prive de dessert et de télé après vingt-trois heures trente, rienàfoutre ! Ils n’auront pas ça.&lt;br /&gt;Faute de pavés, une vingtaine de Figaro roulés en boule (mais que dirait le Général ?) et deux-trois bouteilles vides de Coca-Light Lemon fendent l’air. Faute de drapeau maoïste, les couleurs de Récré A2 claquent dans les alizés, place de la Sorbonne. Faute de manifestants, vingt-trois organisateurs se disent que bon, il est dix-neuf heures trente, il serait temps de rentrer chez papa-maman si jamais on passe au jité.&lt;br /&gt;Un lycéen d’Henri IV (soit dit en passant un véritable vivier de contestataires acharnés, de dangereux anarchistes prêts à tout), hier à la radio : « il faut délocaliser le mouvement (il parle déjà comme papa, le brave garçon), le quartier latin c’est du déjà vu, toujours pareil depuis mai 68, il faut investir les quartiers défavorisés par la manifestation ». Je le vois d’ici avec ses deux banderoles, ses deux sparko, ses deux poils de barbe mettre le feu porte de Bagnolet, porte de la Villette, à Trappes. « Rendez-nous le bachot ! Vive la Révolution ! Aux chiottes Fillon ! Castro au pouvoir ! ». Et Mouloud, 23 ans, de répliquer : « Dégage, gamin, je révise mon brevet des collèges. »&lt;br /&gt;Non, vraiment, on n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans d’état civil, deux ans d’âge mental, la voix qui mue, et le slip qui mouille dès qu’un CRS fait deux pas hors de son camion. Et franchement, ils me font de la peine, ces pauvres flics, à jouer les baby-sitters par plus vingt degrés en costume de Robocop. Ils l’ont pas, eux, leur bachot. Et est-ce qu’ils en font tout un baby-bell ? Ben non.&lt;br /&gt;Ils tentent bien de faire le spectacle, de faire les gros yeux, de rouler des mécaniques, mais, eh !, ça suffit pas. Ça reste statique, verbeux, scénographiquement à chier, politiquement inexistant. On rentre chez soi dépité, et l’on imagine aisément le pauvre CRS en faire de même, le soir, dans son deux-pièces à Pougues-les-eaux : « Ils me dépriment, ces gamins, Marie-Paule… ». Qu’on ne s’interroge plus sur le nombre déclinant des vocations policières. On a la répression qu’on mérite.Et le plus lamentable, dans cette affaire, ça n’est pas tant le pathétique de la chose qu’un certain effet secondaire sur les transports en commun. Attendre vingt minutes son omnibus pour deux-cents pré-pubères en mal de Biactol et de démocratie qui ont les pelouses du Luxembourg à deux pas, c’est cher payé la contestation sociale. Jeunes gens, moi aussi j’ai eu quinze ans, des boutons pleins la gueule et l’envie de changer le monde, mais bon, je restais chez moi, me branlais dans les chiottes et changeais de mur les posters de ma chambre. Je ne m’en porte pas plus mal. Suivez mon conseil. Dieu, la RATP et leurs usagers respectifs vous le rendront.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10885862-111297854649746094?l=cogitoegosum.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://cogitoegosum.blogspot.com/feeds/111297854649746094/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10885862&amp;postID=111297854649746094' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10885862/posts/default/111297854649746094'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10885862/posts/default/111297854649746094'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://cogitoegosum.blogspot.com/2005/04/marre-des-morts-inattendues-des-ncros.html' title=''/><author><name>Hank</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02805159458521668791</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10885862.post-111084439264462678</id><published>2005-03-14T23:42:00.000+01:00</published><updated>2005-03-15T01:11:38.206+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Dieu de dieu, je suis épaté. Je croyais avoir tout lu en matière de poésie pré-pubère mal dans ses vers, après le mémorable recueil de Sarah P. (laquelle Sarah P., soit dit en passant, détient à cette heure le record du monde de tentatives de suicide, si bien que je me demande encore pourquoi ses poignets ne se sont pas désolidarisés, de lassitude), et celui, plus récent, de notre co-Khâgneux Henri D. (lequel Henri D. est parvenu, je l'espère pour son style, à trouver sa muse dans le "désert aride, froid et blanc de (sa) solitude glacée"), mais non, l'horreur me guettait au coin de la virgule, me réservant, à vingt ans passés, l'immense surprise orphique de lire la merde ciselée du fameux Raphaël, dit Ferdinand (un nom de plume pour le moins bouleversant d'originalité), croisé pas plus tard qu'il y a deux semaines au café Chéri(e) de Belleville.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:Times New Roman;"&gt;Ce garçon, au demeurant fort sympatique (j'imagine que ses trois bières et deux paquets de cigarettes taxés par moi ce fameux soir ne sont pas pour rien dans le choix du qualificatif), m'avait tout l'air d'un type bien sous tout rapport (de police compris), mais à la lecture de sa prose, posée comme un étron sur un site internet dont je tairais le nom, je ne peux que revenir sur mon impression première. Ce mec se prend pour qui ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:Times New Roman;"&gt;N'y voyez pas malice. Je n'ai rien à voir là-dedans. Mon irrésistible jalousie n'entache en rien mon honnêteté intellectuelle, que chacun sait immaculée d'ailleurs. Je ne prétends pas écrire mieux que ce monsieur. Mais je ne prétends pas non plus écrire de la "poésie". Je m'en garderais bien. L'humilité du genre dans lequel je m'inscris (le roman, de "genre" justement) contre-balance, grâce à dieu, ma mégalomanie. Si je m'y essayais, dieu (le même, ou un autre) seul sait ce que je pourrais accoucher de monstrueusement ampoulé et merdiquement sentimental. J'ai l'humilité de ma prudence.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:Times New Roman;"&gt;Mais ce monsieur, contre lequel je n'ai rien à dire par ailleurs, ne semble pas avoir saisi toute la difficulté de la chose. Il m'arrive (c'est un euphémisme) de douter de la qualité de ce que je fais, pire de détester certains passages, d'en mépriser d'autres. A aucun moment, quand j'écris ou me relis, je ne suis sûr de moi. Ce monsieur, en revanche, a la témérité de sa certitude. Il plonge dans le ridicule avec un aplomb de général d'infanterie.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:Times New Roman;"&gt;Il n'y a pas si longtemps, j'ai noté quelques lignes sur le problème plus général que cet exemple précis de mirliton grotesque illustre brillamment. Je m'auto-cite, vous m'excuserez. A propos d'une mère quelconque :&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:Times New Roman;"&gt;"Il faut la voir ramener chez elle ses caisses de feutres-marqueurs, de cahiers-classeurs, d’agrafeuses réversibles, d’effaceurs universels, dont les deux monstres ignares qui lui servent de progéniture s’emparent sans tarder afin de satisfaire comme il se doit à leurs besoins d’expression plastique sur matière textile inestimable. Et malgré les notes de pressing, leur inconsciente figure d’autorité maternelle ne déroge pas à la règle consistant à s’extasier devant tant de spontanéité et d’innocence dans cet art primitif dénué de tous ces pré-jugés culturels décadents que sont le Beau, la perspective ou les proportions. Voilà comment de toute une génération d’enfants-rois, une nation, naguère brillante, peut accoucher d’un raz-de-marée d’inadaptés sociaux sous l’allocation chômage de chacun desquels sommeille la certitude d’être un artiste."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:Times New Roman;"&gt;Je ne me revendique pas sociologue, bien entendu, mais je connais suffisamment la génération d'inadaptés sus-nommée (pire, j'en suis) pour en conclure qu'on n'est pas dans la merde. Si tout le monde se mettait à "faire de l'art", ce que plus ou moins tout le monde projette d'ailleurs, c'est mathématique, plus personne ne construirait de voitures, ne confectionnerait de vêtements, ne cultiverait le sol, et tout le monde se déplacerait à pied, à poil, crevant de fin à s'en bouffer les ongles. Joli tableau. Les artistes sont des parasites, ils ont leur place dans l'écosystème social, certes, mais point trop n'en faut. Ce monsieur Raphaël fait partie des acariens à antibactériser, c'est triste à dire, limite fasciste, mais c'est comme ça. On défend comme on peut son bout de moquette.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:Times New Roman;"&gt;A la relecture, ça tient de l'exécution, ce petit réquisitoire. L'on pourrait même en conclure que la prétention n'est pas loin. L'on en conclurait mal. Je n'ai aucun mépris pour ce pauvre monsieur Raphaël, Ferdinand de son pseudo, au contraire. Cette phrase de Chateaubriand m'a frappé récemment : "il ne faut pas dilapider son mépris, vu le nombre de nécessiteux". Eh bien, René, je pense exactement comme toi, vieux. Je dispense mon mépris à petites parts égales à tout le monde, juste assez pour me sentir infiniment supérieur sans sombrer dans l'imbuvabilité, juste assez pour garder au fond de moi cet immense amour du prochain qui me caractérise si bien, cette solide confiance en l'Humanité, cette absolue et universelle tendresse inventive.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:Times New Roman;"&gt;Et merde à ceux qui ne croient pas une seconde à ce que je viens d'écrire.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10885862-111084439264462678?l=cogitoegosum.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://cogitoegosum.blogspot.com/feeds/111084439264462678/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10885862&amp;postID=111084439264462678' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10885862/posts/default/111084439264462678'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10885862/posts/default/111084439264462678'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://cogitoegosum.blogspot.com/2005/03/dieu-de-dieu-je-suis-pat.html' title=''/><author><name>Hank</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02805159458521668791</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10885862.post-111072600897644388</id><published>2005-03-13T15:31:00.000+01:00</published><updated>2005-03-13T16:00:08.980+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Rien ne vaut un bon upman après une harrassante nuit de ski rue d'Auteuil. Ce genre de plaisirs qui tiennent autant à leur satisfaction qu'à leur formulation. Mais réveil absolument atroce, fractures ouvertes résolument symétriques sur mes deux tibias (gageons qu'en cas de troisième, il n'aurait pas dérogé à la règle).&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Croisé Jules-Edouard Leclerc carrefour de l'Odéon.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Pas de printemps pour bibi : mal au foie, gueule de clochard. Clochard, peut-être, mais je ne dors pas sous n'importe quel pont, moi, madame.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Dîner de couples hier au soir. Tout va par deux et tourne en rond. Mieux vaut être seul que mal accompagné. Personnellement, je suis merveilleusement accompagné par une demi-douzaine de groopies (sauvignon, bière, muscat, chivas, saint émilion) qui ont l'avantage non négligeable de ne pas me coûter très cher en vestiaire.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Vu the life aquatic with Steve Zissou. Et dieu créa un film à mon image : dépressif, fétichiste, irrésistiblement drôle.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Eructé mon cafard à une heure avancée de la matinée à je ne sais plus exactement qui au téléphone.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Aucune mais aucune envie de conjuguer mes verbes.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Fuck.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;C'est tout, je crois.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Ah si, projeté des techniques d'approche vers ma cafetière et lu un peu de Musil (le chapitre sur le sens de l'Histoire, en beaucoup plus marrant qu'Hegel, ce qui n'est pas chose aisée).&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Tiens, je vais mater un petit Bunuel, ça va me détendre.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10885862-111072600897644388?l=cogitoegosum.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://cogitoegosum.blogspot.com/feeds/111072600897644388/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10885862&amp;postID=111072600897644388' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10885862/posts/default/111072600897644388'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10885862/posts/default/111072600897644388'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://cogitoegosum.blogspot.com/2005/03/rien-ne-vaut-un-bon-upman-aprs-une.html' title=''/><author><name>Hank</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02805159458521668791</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10885862.post-111041093101788346</id><published>2005-03-09T23:33:00.000+01:00</published><updated>2005-03-10T00:28:51.023+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Je me rends compte à l'instant que je n'ai aucune idée de ce qu'a bien pu écrire Leibniz. Ni de quel genre de type c'était. Ni de ce qu'il mangeait au petit déjeuner (sucré? salé?), ni de rien.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Cette perspective me trouble.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;De tout un tas de philosophes, je n'ai d'ailleurs de connaissance que superficielle. Qu'on me dise Kant, je vous répondrais promenade, Descartes, bougie, Heidegger, nazi, Diogène, masturbation, Aristote, catharsis (je connais mon latin), Nietzsche, peigne à moustache, Bergson, mécanique, et Spinoza, pardon?. Je pourrais même me risquer à quelques petites blagues cuniculicoles qui n'engagent à rien du genre "allégorie de la garenne" ou "le lièvre attend", ça fait toujours son petit effet et vous classe incontinent dans la catégorie des mecs qui s'y connaissent tellement qu'ils se permettent un peu d'humour avec leur panthéon. C'est lamentable et c'est comme ça.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Mais Leibniz, rien. Leibniz, c'est limite si je ne pense pas à des saucisses de Francfort sous vide, ou à de la soupe pré-cuisinée. C'est qui ça, Leibniz ? Sûrement un mec très fort parce que K. en est fou (enfin, il est fou de Bergson, de De La Soul et de J., aussi, ça relativise), sûrement un mec qui a écrit de chouettes bouquins sur de chouettes sujets (Cosmos, éthique et lotions anti-pelliculaires), un mec qui en impose, quoi, vu qu'il a fait la couverture du Magazine Littéraire, une fois. Il doit y avoir des colloques sur ce type quelque part au Japon, et sans doute le cite-t-on &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;fréquemment dans les cessions du Collège International. Sans doute qu'il a sa tombe sur une falaise, dans quelque sous-préfecture d'Autriche-Hongrie, que les gens viennent visiter en même temps que son Couvent des Charmettes à lui où les touristes achètent des tee-shirts avec son portrait dessus et laissent des petits mots dans le livre d'or du genre "j'aime beaucoup ce que vous faîtes, monsieur Leibniz".&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Mais bon, moi je le connais pas. Je ne sais pas pourquoi j'y pense maintenant. Enfin, si, je sais. C'est parce que j'y ai pensé dimanche soir, au salon Borghese du Lutetia. Le pianiste jouait, à notre demande, &lt;em&gt;In a sentimental mood, &lt;/em&gt;nous claquions nos maigres pécules avec l'avidité d'un ouvrier des chemins de fer irlandais en fin de mois, nous nous sentions immensément puissants dans nos fauteuils clubs, nous persuadant (mais en est-il besoin?) mutuellement de nos génies respectifs, et pam, ce fut la déconfiture la plus atroce, un éclair dans mon esprit, la foudre : mais qui donc était ce connard de Leibniz ? Je gardais cette étrange interrogation pour moi mais mon omniscience en avait pris un coup. Qui était ce fils de pute de mangeur de chou ? Je ne sais pas non plus pourquoi j'y ai pensé sur le coup donc ça ne nous avance pas plus que ça, en fait. C'était juste pour dire que j'avais flambé au Lutetia. Ridicule.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;A part Leibniz, ma vie avance à pas de géant : j'apprends à être créditeur (presque cent euros, c'est une première), à compter sur la générosité d'autrui pour déjeuner, à regarder d'un bout à l'autre une émission de télé-réalité, à faire semblant de n'avoir pas entendu des messes basses blessantes à mon encontre, à gérer ma dépression nerveuse.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Non, vraiment, à part Leibniz, tout va bien. Je réécoute même mon vieil Art Tatum.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Juste un truc qui me tarabuste : quelqu'un sait qui est ce type, là, Hume ?&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10885862-111041093101788346?l=cogitoegosum.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://cogitoegosum.blogspot.com/feeds/111041093101788346/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10885862&amp;postID=111041093101788346' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10885862/posts/default/111041093101788346'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10885862/posts/default/111041093101788346'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://cogitoegosum.blogspot.com/2005/03/je-me-rends-compte-linstant-que-je-nai.html' title=''/><author><name>Hank</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02805159458521668791</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10885862.post-111013082488821507</id><published>2005-03-06T18:18:00.000+01:00</published><updated>2005-03-06T18:40:24.890+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Les retours de congé étant les retours de congé, je ne m'appesantirais pas sur mes déboires périphériques, encore moins sur cet exceptionnel début de mois de mars qui ferait passer décembre pour un mois à pastis, et ne comptez pas sur moi pour vous décrire un niveau de ski, inénarrable bien qu'absolument comique, qui me valut, une semaine entière, les quolibets les plus cruels. Humiliation suprême sur téléski polaire due à ce nain de l'ESF, 8 années au compteur et chamois d'or à la boutonnière, osant (l'imbécile !) se gausser de ma troisième étoile... Qu'il soit maudit.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Me revoilà donc tanné comme un sac-à-main, bronzage nasalo-sélectif (ce bon docteur Maboule mériterait un putain de procès pour abandon de paternité), cassé en deux par une étrange conspiration de connifères contre mon dos, barbu, plein d'entrain, d'espoirs et de courbatures. Voyez le genre ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Et puis les bonnes intentions, dont l'enfer est bétonné : tenir ce journal avec une certaine régularité, retrouver un rythme de vie équilibré, contacter un psychanalyste, faire du sport, balayer de vieilles obsessions, devenir riche, changer de coupe de cheveux, déjeuner dans les temps, balayer de vieilles obsessions, réécrire mon polar (un gamin de douze ans aurait fait mieux, et pourtant, il y a de l'idée), devenir quelqu'un de NORMAL. Beaucoup pour un seul homme, mais bon.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;A partir de demain, donc. Parce qu'aujourd'hui, c'est dimanche. &lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10885862-111013082488821507?l=cogitoegosum.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://cogitoegosum.blogspot.com/feeds/111013082488821507/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10885862&amp;postID=111013082488821507' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10885862/posts/default/111013082488821507'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10885862/posts/default/111013082488821507'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://cogitoegosum.blogspot.com/2005/03/les-retours-de-cong-tant-les-retours.html' title=''/><author><name>Hank</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02805159458521668791</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10885862.post-110894064307493498</id><published>2005-02-20T23:13:00.000+01:00</published><updated>2005-02-21T00:04:03.080+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Eh oui, cher journal (il faut bien me résoudre à t'appeler &lt;em&gt;cher journal,&lt;/em&gt; cher journal, un peu d'authenticité ne fait jamais de mal, et puis ça fait couleur locale), je dois avouer que la régularité n'est pas ma tasse de kro. On n'a pas tous les jours matière à gloser. Tu me diras on peut toujours écrire sur rien, et tout faire tenir à la seule force du style. C'est un peu facile, comme objection. Si c'était le cas, je veux dire &lt;em&gt;vraiment &lt;/em&gt;le cas, il suffirait de trois points de suspension pour exprimer l'immense désarroi du monde, sa vacuité, le désespoir dans lequel nous plonge une situation climatique des plus polaires (qu'on ne me fasse pas rire avec le réchauffement de la planète, je me les pèle franchement dans ma robe de chambre), la violence des rapports humains et ce qu'elle entraîne de silence blessé, l'incapacité littéraire à rendre la vérité telle qu'elle nous paraît, sans parler de la réalité telle qu'elle est. Tenez :&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:Times New Roman;"&gt;...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:Times New Roman;"&gt;C'est follement célinien, comme constat, profondément tragique, mais au fond, ça ne casse pas trois pâtes à un plat de spaghetti-bolognaise.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:Times New Roman;"&gt;Pas plus tard que hier soir, j'en ai fait la dramatique expérience. A l'oral, évidemment, ça passe moins bien, les points de suspension. On ressent moins directement l'immense désarroi du monde, sa vacuité, le désespoir dans lequel nous plonge une situation climatique des plus polaires, la violence des rapports humains, etc... Le constat follement célinien perd un peu de sa puissance énonciative. Au moment du dessert (cramble), autant dire qu'il passe un peu à la trappe, le constat célinien, qu'il passe même carrément pour de l'incommunicabilité pure et simple, et c'est la porte ouverte à toutes les bagatelles, à tous les massacres. J'en ai fait les frais une bonne trentaine de minutes, blessé, pétrifié par l'acharnement de mon ami R. à descendre en flèche la fin de mon roman (démontrant par là-même qu'il ne me connaissait pas aussi bien que je ne le pensais), avant de prendre mon courage (et mon manteau) à deux mains et de claquer la porte en une sortie digne du plus mauvais Tchekov. J'en voulais autant à R., qui se permet de critiquer ce que je considère comme mes propres tripes, d'en faire un hâchis sans nom sur la base d'arguments fallacieux (école de commerce exige) et de jugements à l'emporte-pièce (quand on a lu deux livres et vu trois films, on ferme sa gueule, vous me passerez ces élans fascisants mais je ne me permettrais pas, moi, d'attaquer aussi sauvagement la bonne tenue d'un de ses bilans comptables), je lui en voulais autant donc qu'à moi-même, incapable de faire face au ridicule, boudant de façon grotesque, employant ce qui me restait d'énergie à tendre la main vers les fonds de bouteille en jetant des regards de chien battu à la cantonnade. Venant de quelqu'un d'autre, remarquez, ces reproches n'auraient pas eu les mêmes pauvres conséquences, j'aurais pu jouer à l'artiste incompris et renvoyer l'outrecuidant à la frontière de son campus avec trois dolipranes, un handzaplast et tout mon mépris. Au lieu de ça : mutisme grotesque, pathos, crise d'hystérie sur place de la Mairie à base de hoquets et de "casse-toi, je veux marcher, réfléchir, je suis seul, les poux me rongent, je hais le monde, je hais les gens, je suis une merde, etc, etc, etc..." Pour le coup, les points de suspension m'auraient évité, ce matin, ce regard méprisant du miroir de ma salle de bains. Ce qui est dit est dit, hélas.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:Times New Roman;"&gt;Passé le reste de la journée dans le même état d'esprit. Remboursé le quart de mes dettes à F. Maté Bellemare chez Drucker, la flemme de mettre en route mon lecteur DVD. Pas lu (pas écrit) une ligne. Qu'est-ce qu'Elizabeth Quin peut bien foutre au &lt;em&gt;Masque&lt;/em&gt; ? Pas dans le ton, se la donne et case toutes les trois phrases un mot appris la veille dans le petit Larousse. &lt;em&gt;Ocean's eleven&lt;/em&gt; sur France 2, donc en V.F., j'ai encore des progrès à faire dans le domaine de la répartie immédiate et du style vestimentaire.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:Times New Roman;"&gt;Alors voilà, c'est dimanche, et je ne vois pas grand chose de plus à te dire, cher journal.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:Times New Roman;"&gt;A part ça : ...&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10885862-110894064307493498?l=cogitoegosum.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://cogitoegosum.blogspot.com/feeds/110894064307493498/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10885862&amp;postID=110894064307493498' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10885862/posts/default/110894064307493498'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10885862/posts/default/110894064307493498'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://cogitoegosum.blogspot.com/2005/02/eh-oui-cher-journal-il-faut-bien-me.html' title=''/><author><name>Hank</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02805159458521668791</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10885862.post-110876942355364602</id><published>2005-02-18T23:08:00.000+01:00</published><updated>2005-02-19T00:30:23.556+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Je soupçonne fort "anonymous" de rigoler à mauvais escient. Je le soupçonne, de plus, d'être Louis, ce qui est pire. Mais bon, tentons de rester stoïque face à cette menace fantôme, de tenir bon gré mal gré le cap du journal (pseudo-)intime quotidien. On verra bien. Je ne rendrai les armes qu'à la lassitude, ou, si l'occasion se présente, à la Waffen SS d'Amsterdam (le plus coton, dans ce cas, étant de planquer mon PC dans une chasse d'eau). L'exercice régulier de l'épanchement a ses avantages, de l'apprentissage de la langue au développement de la mémoire, de cette même mémoire qui permit à la littérature française d'accéder aux souvenirs du petit Jean-Jacques ou du grand René. Loin de moi, néanmoins, l'idée de me comparer à ces dieux du nombril, d'autant qu'ils furent, chacuns dans leur genre, de sacrés larrons et brigands sans vergogne, détrousseurs de jupons et fieffés sacripans. Quand on voit ce que Rousseau nous fait d'un simple ruban volé, il me suffirait, pour gagner l'immortalité, de m'étendre ne serait-ce que cinq minutes sur le nombre de pépitos volés par moi à la récréation de ma troisième maternelle, il n'en faudrait pas plus pour voir mon buste en marbre, et de mon vivant encore, rejoindre Corneille, Fénelon et caetera dans le hall de la Bibliothèque Sainte Geneviève. La postérité, c'est le sacre des vauriens.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Mais je vous éviterai ça.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Je suis un garçon rangé. Et même, par certains côtés, sincèrement brillant. Du moins s'il faut en croire mon voisin de café cet après-midi, un octogénaire juif somme toute assez sympathique qui crut m'apprendre que Basil Rathbone avait joué Sherlock Holmes. Cette petite interruption dans ma conversation entraîna une véritable joute de name-dropping, qualifiant pièces et films d'un définitif "bien" ou "pas bien", voire dans les cas les plus extrêmes d'un "formidable" ou d'un "décevant", ce qui prouve bien qu'on peut avoir beaucoup de culture (je parle pour moi) et pas un sou d'esprit critique (je parle encore pour moi). Que de la gueule, c'est le moins qu'on puisse dire. Esbrouffe, bluff, poudre aux yeux. On peut toujours s'en tirer avec beaucoup de noms et très peu d'idées. D'autant que les générations précédant la nôtre n'en finissent pas de s'extasier devant notre connaissance (même superficielle) de leurs jeunes années. Mais à quoi donc veulent-elles qu'on s'intéresse ? A notre époque ? Laissez-moi rire.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;En parlant de notre époque, je parlerais bien de mes deux vernissages de hier soir. Espoirs d'open bar déçus. Etalage d'artisanat snob (je répugne à employer le mot d'"art contemporain"), un type avec un autocollant de taille sur son pantalon de velours, un autre déguisé en Lawrence Fishburne époque &lt;em&gt;Matrix, &lt;/em&gt;Billy Crystal grimé en Che Guévara et une tête de lion en bronze à 6500 euros. Au synthé, une sous-Bjork nipponne, braillant sa langue barbare sur des accords troubles (à peu près du niveau de ma nièce de quatre ans, à la différence qu'à trente ans, croissance aidant, elle lui bouffait deux octaves, je vous laisse imaginer le résultat). Tout ça sur une péniche à Bercy. Fumée, discussions bilingues, pas un euro pour se payer une bière. Mais je serais bien resté un peu plus longtemps. Tout pour ne pas rentrer chez moi, ne pas entendre Claude Lévi-Strauss, dans &lt;em&gt;Campus&lt;/em&gt;, déclarer : "le monde dans lequel je suis en train de finir ma vie, ce monde est un monde que je n'aime pas". Bienvenue au XXIème siècle. Moi, je la commence à peine, ma vie, papy, et je suis déjà triste comme un tropique.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Sinon, quoi ? Dans mon entourage, quelques nouvelles morts, quelques vieilles ruptures... Février est un sale mois. Enfin, célibataire et en pleine forme, je ne risque rien. Je suis, comme dirait l'autre, un type sans histoire, un homme sans qualité. Il ne m'arrive rien. Jamais rien. J'ai lu le dernier Modiano, aujourd'hui. C'est beau. C'est sobre. Des noms, rien que des noms, qui passent. Voilà toutes ses vingt premières années, ces années, cette première vie qu'il vit "en transparence", qui n'était pas la sienne. Je comprends assez bien ce sentiment.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Enfin, quand je dis qu'il ne m'arrive jamais rien, j'exagère évidemment. Il m'arrive des trucs, parfois. J'ai mis ma nouvelle veste, aujourd'hui, par exemple.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Je suis sûr que j'ai chopé la méningite, en plus.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;J'ai mal à la nuque, de fortes douleurs au coeur, dans les bras, des fourmis dans les jambes. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Et puis, en réaction à Hedda Gabbler et sa "bite à papa", je fais comme une fixette sur le cinéma de John Ford. Sais pas pourquoi. Fort Apache, Chevauchée fantastique, Charge héroïque, je les enchaîne. Je ne sais pas ce que ça prouve, mais ça doit bien prouver quelque chose, neurologiquement. Je rêve de cavalerie et de manuscrit brûlé ("je brûle ton enfant, Théa, je brûle ta pureté, etc, etc..."). &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;J'ai mal à la tête. J'arrête.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10885862-110876942355364602?l=cogitoegosum.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://cogitoegosum.blogspot.com/feeds/110876942355364602/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10885862&amp;postID=110876942355364602' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10885862/posts/default/110876942355364602'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10885862/posts/default/110876942355364602'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://cogitoegosum.blogspot.com/2005/02/je-souponne-fort-anonymous-de-rigoler.html' title=''/><author><name>Hank</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02805159458521668791</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10885862.post-110859993939755633</id><published>2005-02-17T01:17:00.000+01:00</published><updated>2005-02-17T01:54:47.723+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;Bon, bah, voilà, que je me dis, tout à l’heure que noircissait la campagne, il faut te mettre dans l’idée (je me tutoie, je me trouve particulièrement sympathique) qu’il faut vivre avec son temps, et puis quoi, même si ma vie n’est pas forcément passionnante-passionnante (enfin, sûrement plus passionnante que mettons la vie d’un mérou, ou celle d’un quelconque poisson qui noie son spleen dans un quelconque aquarium de restaurant japonais), je suis sûr que ça pourrait intéresser des gens ou provoquer chez ces mêmes gens ad libitum une certaine empathie, hilarité, condescendance, et flatter au besoin un voyeurisme embarrassé qui est la plaie de notre temps mais bon, hein, que celui qui n’a jamais regardé par un trou de serrure me jette la première clé. L’intérêt de ce genre d’exercice (l’épanchement, cqfd) ne réside pas seulement dans l’auto-satisfaction que nous procure l’égotisme stendhalien (mon père est &lt;em&gt;vraiment&lt;/em&gt; italien, je le dis pour ceux qui en douteraient), il touche à des sphères infiniment plus sophistiquées telles que la psychothérapie à moindres frais ou l’occupation d’insomnies. Le blog offre, de surcroît, la possibilité pour l’exégète d’avoir accès très aisément et d’une pierre-deux-coups à mon journal ainsi qu’à ma correspondance sans se galérer des années à chercher dans des coffres à Croisset telle ou telle lettre que Louise Colet aurait adressé à Flaubert en réponse à un « c’est plus la peine de venir, cocotte, maman s’oppose à notre liaison » expédié en PCV quelques jours plus tôt. Bref, Gide l’a fait, Flaubert l’a fait, tout le monde l’a fait, pourquoi pas moi ? Un jour, vous me remercierez.&lt;br /&gt;La vie d’un étudiant en lettres modernes, spécialisées qui plus est (dans quoi ? c’est bien là toute la question), n’a, hélas, pas la saveur romantique de mes illustres aînés. Rien qu’hier, il m’est arrivé trois choses notables dont l’importance les auraient pour le moins fait pouffer dans leur gilet rouge. J’ai acheté une veste d’occasion, pied-de-poule et poches sans fond (mais où donc est passé mon paquet de Camel ?), que Lord Byron n’aurait jamais osé porter, même seul, en Grèce où, certaines sources bien placées sont formelles, il se serait pourtant converti au port des tongs. Commencer son journal par ce genre d’information témoigne bien de l’infinie superficialité de notre époque consumériste mais quoi ?, après tout, c’est une chose notable comme une autre chose notable.&lt;br /&gt;Deuxième chose notable : je suis tombé amoureux. J’étais dans la rue, comme ça, crispé comme un extravagant (il fait moins vingt en ce moment à Paris, et quand je dis moins vingt, c’est un euphémisme qu’un Inuit ne négligerait pas), et puis paf, une passante passe et c’est l’&lt;em&gt;innamoramento&lt;/em&gt;, sans plus de tergiversations. Elle promenait son chien, un petit terrier, devant le théâtre d’où je venais de sortir, je discutais avec un pote de mes parents qui a un canin plissé et qui dit : « il est sympa, votre chien ». Elle me regarde, je la regarde. Nos regards se croisent. Et puis elle s’en va, avec son terrier. D’aucuns diront que je m’enflamme un peu vite et que cette inoubliable leçon pétrarquiste tient de l’affligeante misère sentimentale dans laquelle je me noie en ce triste mois de février. Je n’ai pas le courage de les convaincre du contraire.&lt;br /&gt;La troisième chose notable, c’est marrant, je l’avais sur le bout du clavier tout à l’heure mais elle s’est fait la malle. Peut-être un truc dans le métro. Il m’arrive de croiser des gens marrants dans le métro, Marc-Edouard Naabe, par exemple, qui a des pellicules, ou Amélie Nothomb qui a pris un sacré coup de vieux ou alors on la maquille à la truelle à la télé, ou même des inconnus qui chantent « je suis un loup-garou » en mimant une crise de spasmophilie (le pluriel est de trop, remarquez, je n’ai vu ça qu’une seule fois, et encore, il était tard). Ça me revient, finalement, c’était effectivement dans le métro, hier soir : je croise une vague connaissance, je lui demande si son père a trouvé un éditeur pour sa thèse sur je ne sais plus quelle passionnante affaire africaine, il me répond qu’à Paris on édite pas les sénégalais, je lui réponds que remarque les protestants non plus avant de me rendre compte qu’en fait, si, on édite surtout les protestants, et je me sens brusquement très bête.&lt;br /&gt;C’est monstrueux de se sentir brusquement très bête, comme ça. La semaine dernière, je passais le concours sciences po, et je trouve très malin de placer un &lt;em&gt;casus belli&lt;/em&gt; en problématique sur « l’équilibre de la terreur ». &lt;em&gt;Casus belli&lt;/em&gt; signifie cas de guerre, comme chacun sait, sauf moi, qui ne savais pas et pensais bêtement y trouver un synonyme de &lt;em&gt;cessez-le-feu&lt;/em&gt; (&lt;em&gt;cassus belli&lt;/em&gt; : &lt;em&gt;ethy&lt;/em&gt;., du latin &lt;em&gt;casus belli&lt;/em&gt;, casser la guerre). Ignorance crasse… Je me dégoûte. Heureusement que l’épreuve de culture gé portait sur Gide. Si je ne majore pas, là-dessus, c’est que les correcteurs ont de la merde entre les synapses, j’ai donné tout ce que j’avais en réserve de brio sarcastique, d’élégance syntaxique et de savant iconoclasme là-dedans. Si je ne majore pas, je file au Pérou avec un sandwich et un opinel me faire &lt;em&gt;gaucho&lt;/em&gt;, ce qui ne me changerait guère que par un discret glissement sémantique de mes conversations politiques tout au long de ma longue carrière dans le scoutisme.&lt;br /&gt;Et puis aujourd’hui… Aujourd’hui… Aujourd’hui est déjà un autre hier. Aujourd’hui, j’ai mis ma nouvelle veste, séché mes quelques cours, demandé un verre de Sauvignon au Valois (ils n’avaient pas de Sauvignon, j’ai du prendre le dernier des noms en is qu’on me proposait en échange), bref, aujourd’hui, je n’ai rien fait si ce n’est relu ma prose de hier soir (un pastiche de Lovecraft que je vais avoir bien du mal à intercaler dans mon roman fantastique en chantier) et noirci quelques lignes oniriques à propos d’Apulée, d’Henry James, de Dante et du chancelier Bismarck. Le problème avec mon style, c’est que j’ai du mal à me défaire de l’inspiration de mes pairs. « Il faut boire des océans et les recracher », disait Flaubert, étrangement scato-sobre. Je dois avoir une sévère inflammation urinaire, alors.&lt;br /&gt;Juste en passant, je relis mes pages de la semaine dernière et je tombe sur ce passage. &lt;em&gt;In extenso&lt;/em&gt;, ça donne ça : « Et puis c’était quoi, cette manie de coucher avec les gens dès que l’isolement, le désœuvrement des vacances le permettaient ? Un passage obligé, une obligation Kantienne à prendre le contre-pied de la vie active, de son cortège de responsabilités. Une libération tout aussi conditionnée que l’abstinence urbaine, un phénomène pour le moins malsain de catharsis sexuelle, provisoire désinhibition en vue d’assurer un principe d’ordre ou d’équilibre plus général. Rien de proprement excitant, ni de réellement beau dans ce pragmatique défouloir. Qu’était-ce sinon l’objet négligeable, le moyen, l’excuse ? Un point infime dans un diagramme de pertes et profits. »&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;A bonne entendeur.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10885862-110859993939755633?l=cogitoegosum.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://cogitoegosum.blogspot.com/feeds/110859993939755633/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10885862&amp;postID=110859993939755633' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10885862/posts/default/110859993939755633'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10885862/posts/default/110859993939755633'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://cogitoegosum.blogspot.com/2005/02/bon-bah-voil-que-je-me-dis-tout-lheure.html' title=''/><author><name>Hank</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02805159458521668791</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry></feed>
